Cérémonie de lancement des activités du camp de chirurgie gratuite de l’hydrocèle du district sanitaire de Bougouni et Kolondiéba

Le gouverneur de la région de Bougouni Bagna Mahamoudou DJITEYE a procédé, ce jeudi 13 février 2020, au lancement officiel du camp de chirurgie pour la prise en charge gratuite des cas d’hydrocèle à Bougouni dont les activités ont démarré depuis 10 février et prendrons fin le Lundi 17 février 2020. C’était en présence des autorités administratives et politiques, de la grande famille municipale de la région de Bougouni.

A l’occasion de la cérémonie le ministre de la Santé et de l’hygiène publique le M. Michel Sidibé était par Dr Massitan DEMBELE de la direction de la Santé et de l’hygiène publique de Bamako.

 Dr DEMBELE est aussi Coordinatrice du programme filariose lymphatique.

Cette cérémonie concrétise les efforts du Gouvernement et de ses partenaires à réduire les souffrances des malades victimes des complications de la filariose lymphatique notamment le lymphœdème et l’hydrogène.

L’activité est financée par CDEAO, Banque Mondiale, Projet Paludisme et Maladies Tropiques Négligée P/MTN, C.N.I.E.C. S, il permettra de redonner la santé à plus 70 malades d’hydrocèle, leur prise en charge est totalement gratuite (Transport, Hébergement, Alimentation acte opératoire et médicaments.)

C’est après les mots de bienvenue du maire de la commune urbaine de Bougouni est venu le gouverneur Bagna Mahamoudou DJITEYE, lors de son discours a exprimé tous ses sentiment plaisir d’avoir reçu ces imminents chirurgiens venus du Mali et de la Sous-région, monsieur le Gouverneur a aussi salué l’existence de ce projet. M. DJITEYE a affirmé qu’il souhaiterait avoir zéro cas chez lui à Bougouni pour années avenir.

Selon Dr Massitan DEMBELE, actuellement au Mali, la région de Sikasso est devenue la zone la plus touchée simultanément par diverses maladies tropicales négligées (MTN) notamment le trachome, la filariose lymphatique, les schistosomiases, les géo-helminthiases, l’onchocercose.

Les enquêtes menées dans la région de Sikasso ont prouvé que les districts sanitaires de Bougouni et Kolondiéba sont les plus touchés par le cas d’hydrocèle, explique Dr Malah SYLLA médecin chef du district sanitaire de Bougouni.

Plus connu sous le nom d’éléphantiasis, la filariose lymphatique est l’une des maladies tropicales à la fois les plus invalidantes, les plus répandues et les négligées, dont la transmission se fait d’une personne malade à une personne saine par piqûre de moustiques.

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), environ 1,4 milliard de personnes sont exposées au risque d’infestation de la filariose lymphatique à travers le monde.

Dans 54 pays dans le monde, 947 millions de personnes sont sous la menace de la filariose lymphatique et nécessitent une chimiothérapie préventive pour stopper la propagation de cette maladie.

Actuellement, 856 millions de personnes dans 52 pays vivent dans des zones nécessitant une chimiothérapie préventive pour prévenir la propagation de l’infection. On estime que, dans le monde, 25 millions d’hommes ont une hydrocèle et plus de 15 millions de personnes souffrent de lymphœdème. Au moins 36 millions de personnes restent avec ces manifestations chroniques de la maladie.

Dans ce lot, 120 millions sont infectés dans 73 pays où 40 millions d’individus souffrent de complications chroniques telles que le lymphœdème et l’hydrogène.

L’enquête de prévalence réalisée en 2004 a montré que la filariose lymphatique sévit à l’état endémique dans toutes les régions du Mali avec un taux de prévalence global de 7,07%, à l’exception de celle de Sikasso qui a le taux de prévalence le plus élevé (18,6%).

Face à cette situation, le ministère de la Santé, avec l’appui des PTF, a élaboré un plan intégré de lutte contre les MTN les plus fréquentes et qui peuvent être traitées simultanément par chimiothérapie préventive. Toutes les régions du pays ont été couvertes par le plan qui a une durée de 5 ans (2017-2021).

Après plusieurs années de lutte contre la filariose lymphatique, des résultats satisfaisants ont été obtenus. Le traitement de masse a été arrêté dans 49 districts sur les 75 qui étaient endémiques en 2017.

Les complications dues à la filariose lymphatique sont perçues dans notre société comme des malédictions ou un mauvais sort jeté par un ennemi humain (une coépouse, un concurrent par exemple).

Aussi, selon des considérations traditionnelles, certaines professions favorisent l’hydrocèle : le batteur de tam-tam, le fabricant de mortier. Elle est aussi considérée comme l’évolution normale de l’appareil génital masculin d’un bon cultivateur.

« Nos services de santé, dotés de compétences et d’équipements adéquats, ont prouvé que la prise en charge de ces complications peut se faire en donnant de bons résultats », a rassuré le ministre.

Sur environ 2 367 cas recensés en 2010, 855 ont été opérés avec succès de 2014 à 2017 dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et Tombouctou sur financement de ENDEFUND à travers Helen KELLER international. Le nombre de cas théoriques d’hydrocèle restant à opérer est de 1145.

En effet, le ministère de la Santé, avec l’appui de l’OOAS et de l’Unité du projet Palu et MTN, a organisé deux camps de chirurgie des hydrocèles dans les districts sanitaires de Bougouni et de Kolondièba où 153 cas opérés ont été guéris en 2017.

Au Mali, malgré la mise en œuvre des différentes stratégies, le défi majeur demeure la détection et la prise en charge des cas de complications de la filariose lymphatique.

Le lancement de la campagne permettra de mieux sensibiliser et encourager le soutien social de la part des membres de la famille du malade, de la communauté à continuer l’identification et la référence vers les centres de santé, a conclu le ministre.

La cérémonie a été marquée par des sketches de sensibilisation sur la maladie et la visite du CSREF de Bougouni.

Par Moussa Sangaré

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Moussa Sangare

des jeunes activiste qui se dirige vers l'emergence commun

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